Quand l'excellence devient une cible

À chaque grande compétition, le monde célèbre les exploits des meilleurs athlètes. Mais il suffit qu'un joueur noir ou d'origine africaine occupe le devant de la scène pour que ressurgissent, sur les réseaux sociaux et dans certains discours publics, des attaques qui visent sa couleur de peau plutôt que ses performances.

Kylian Mbappé en est un exemple récent, réduit par certains à des images dégradantes qu'aucune performance sportive ne devrait jamais justifier. IShowSpeed a connu le même sort lors d'événements sportifs récents. Et bien avant eux, Michael Jackson avait déjà essuyé les caricatures et les préjugés, malgré un talent qui a marqué l'histoire de la musique à jamais.

Pourquoi cette haine revient-elle si souvent, précisément au moment où l'excellence noire s'impose ? Quel rapport existe-t-il entre la couleur d'une peau et la valeur d'un être humain, ou la puissance d'un cerveau ? Ceux qui ramènent un homme à l'état d'animal parce qu'il excelle sont rarement ceux qui construisent quoi que ce soit eux-mêmes. C'est souvent la haine qui parle là où les arguments manquent.

Cette question mérite une réflexion plus profonde que la simple indignation.

Le racisme ne cherche pas seulement à blesser ; il cherche à limiter

Le racisme ne consiste pas uniquement à insulter quelqu'un à cause de sa couleur de peau. Il véhicule une idée bien plus insidieuse : celle que certains peuples seraient naturellement destinés à rester derrière les autres.

Pendant des générations, les Africains ont entendu qu'ils étaient faits pour fournir des matières premières, mais pas pour les transformer. Qu'ils pouvaient devenir de grands sportifs ou de grands musiciens, mais rarement de grands scientifiques, de grands entrepreneurs ou des leaders mondiaux de la technologie. Ce récit se voit encore aujourd'hui : des pays africains riches en ressources exportent leurs matières premières brutes pendant que les chaînes de valeur restent contrôlées ailleurs, et beaucoup de gouvernements dépendent encore de puissances extérieures pour leur propre développement.

Cette façon de penser finit par produire un esclavage invisible : celui des mentalités. Lorsque l'on répète suffisamment longtemps à un peuple qu'il ne peut pas réussir dans certains domaines, certains finissent malheureusement par le croire.

Pourtant, aucune de ces limites ne vient de Dieu. Ce sont des constructions humaines.

L'origine de l'idéologie de la division

Le Dr Munroe rappelait que le fait de traiter un être humain comme un sous-homme n'était pas un simple manque de conscience, mais le résultat d'une philosophie rigoureuse. Cette vision vient directement de la philosophie grecque (Platon, Socrate, Aristote) qui affirmait que le leadership et la domination étaient réservés à ceux qui possédaient certains critères de naissance : teint clair, lèvres fines, nez pointu, yeux bleus. Selon les Grecs, si vous n'aviez pas ces traits, vous étiez biologiquement destiné à faire partie de la « classe servile » par décision de la Providence. L'esclavage économique et le racisme moderne ne sont que les extensions de cette pensée grecque et romaine. Pire encore, Munroe soulignait que « chaque idéologie a besoin d'une théologie pour devenir légale ». Le système a donc fabriqué des dogmes religieux et culturels pour convaincre l'opprimé qu'il était inférieur par la volonté de Dieu. C'est ce mensonge historique qui a brisé psychologiquement la structure des familles et des mentalités.

Qui a écrit ces règles ?

Qui a décidé que les pays africains devaient toujours dépendre économiquement des grandes puissances ? Qui a décidé que l'Afrique devait exporter ses richesses sans jamais les transformer elle-même ? Qui a décidé qu'un Africain pouvait devenir un grand footballeur, mais pas le créateur de la prochaine grande plateforme technologique mondiale ? Qui a décidé que l'innovation devait toujours venir d'ailleurs ?

Ces règles ne sont écrites dans aucune loi de la nature. Encore moins dans la Parole de Dieu.

Le Dr Myles Munroe enseignait que les leaders sont précisément ceux qui remettent en question les limites que les autres considèrent comme définitives. Il rappelait souvent qu'avant 1954, on pensait qu'il était physiquement impossible de courir un mile en moins de quatre minutes — jusqu'à ce que Roger Bannister le fasse. À partir de ce moment-là, ce qui semblait impossible est devenu accessible à beaucoup d'autres coureurs. La limite n'était jamais physique : elle était d'abord mentale.

Il en va de même aujourd'hui. Des visionnaires comme Elon Musk repoussent sans cesse ce que l'on croyait impossible. Pourquoi les Africains ne le feraient-ils pas ?

Tout commence par une pensée

L'Évangile de Jean s'ouvre par ces paroles :

Jean 1:1 :
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. »

Le terme grec logos, traduit par « Parole », désignait aussi, chez plusieurs philosophes grecs, la raison ou la pensée. Sans réduire le sens profond de ce verset, il nous rappelle une vérité simple : avant qu'une parole ne soit prononcée, elle existe d'abord sous la forme d'une idée ou d'une pensée. La parole est le véhicule qui porte cette pensée ; elle en est le contenant visible.

Avant toute réalisation visible, il existe une pensée. Les grandes civilisations sont nées d'idées. Les plus grandes découvertes ont d'abord été conçues dans la pensée avant d'être réalisées. Les philosophies de Socrate et d'Aristote ont profondément marqué l'histoire de l'humanité. Leurs idées continuent d'influencer le monde jusqu'à aujourd'hui. Les pensées sont plus puissantes qu'une armée.

Cependant, aucune pensée n'est plus puissante que la vérité révélée dans la Parole de Dieu.

C'est pourquoi je crois que la véritable transformation de l'Afrique ne commencera pas uniquement par les infrastructures ou les investissements. Elle commencera lorsque nos mentalités seront renouvelées — lorsque nous cesserons de croire aux limites que d'autres ont définies pour nous.

La vérité rend libre

Osée 4:6 :
« Mon peuple est détruit, parce qu’il lui manque la connaissance. »

Jésus a déclaré :

Jean 8:32 :
« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »

Cette parole ne concerne pas uniquement la vie spirituelle. Elle touche toutes les formes de captivité : la captivité de la peur, des complexes, et des mensonges que l'on finit par accepter sur soi-même.

Un homme qui découvre la vérité retrouve la capacité de croire en son plein potentiel et en sa mission. Voilà pourquoi diffuser la vérité est une responsabilité.

La couleur de peau ne définit ni l'intelligence ni le potentiel d'un être humain. Chaque homme et chaque femme ont été créés à l'image de Dieu et portent en eux une valeur et un potentiel que rien ne peut diminuer.

À tous ceux qui travaillent dans le silence pour l'honneur de l'Afrique et pour le bien de l'humanité :

Continuez. Apprenez. Construisez. Innovez. Ne laissez personne définir vos limites.

Répondez à la haine par l'excellence. Répondez aux préjugés par le travail. Répondez aux mensonges par la vérité.